Léon Radegonde

Léon Radegonde

C’est dans sa maison-atelier que nous avons rencontré l’artiste . Léon est né a la Digue en 1950 aux Seychelles ou il fit ses premières études. C’est la rencontre d’un élève qui dessinait que Léon a attrapé le virus en le regardant. Il développe soudain un goût prononcé pour l’art et se met à lire des livres d’art, a découvrir des artistes et a pratiquer le dessin et la peinture .

Léon continue ses études à Mahe puis ses diplômes en poche part au Québec en 1971 comme professeur de français. A son retour en 1975, il devient professeur aux Seychelles tout en continuant son art. En 1980 il part en Bretagne pour suivre des cours d’art à l’université de Hante A son retour il reprend les cours de Français et son art et devient directeur of the créole institute ou il y restera 18 ans et ce sera son dernier poste. Léon ne cours pas après l’argent, juste l’art l’intéresse, si ça se vend c’est bien, c’est pourquoi c’est une galerie à LA Digue qui l’expose et sinon il parcours le monde d’exposition en exposition. Comment parler de son art et comment le définir? Artiste plasticien, Street artiste ? Impossible de le mettre dans une case tant son travail est vaste . Léon est à la fois le précurseur et le doyen des arts plastiques aux Seychelles. Tout est art pour Léon, et le temps aussi est art car il lui arrive de laisser des cartons par terre sous la pluie dans la rue, laissant les voitures et camions maltraiter le carton puis il vient le récupérer et a partir d’un medium il construit des oeuvres de collage abstraites, qui rappellent le décor des cases créoles de son enfance. Son oeuvre est en constante mutation ce qui le définit comme artiste de l’art brut et accidentel…une passion pour les matériaux pauvres, oubliés du quotidien, ou livrés par le destin à la mer et offert à l’artiste. Léon travaille en fait sur la mémoire collective, traque l’illettrisme, ses blessures jamais cicatrisées….et se réjouit de trouver dans la charge du vécu de ses matériaux et dans les divers phénomènes de destructions et d’effacements successifs, une concrétisation plastique de l’immortalité. Il raccommode pour obtenir un résultat noble en partant d’éléments de fortune, laissé pour compte par la société de consommation. Confronté a l’urgence la nôtre avec ses excès d’impatience , Léon accélère les procédés de vieillissement, il dégrade à l’huile de vidange, gratte, use la toile, lui fait subir le charbon , la rouille, puis par un procédé il arrête l’érosion et nous offre sa toile. Son oeuvre…